Le football roumain retrouve ses sommets
Sans jouer les Martinon de Domenech, la Roumanie sera bien un
adversaire coriace à l’Euro. Au-delà de la sélection, le foot roumain
possède des expatriés rompus au haut niveau et des clubs compétitifs en
Europe. Le travail de fond a pris le pas sur le génie de la génération
Hagi.
Septième au coefficient UEFA. A ce moment de la saison européenne, la
Roumanie est même sixième et devance des nations comme le Portugal, les
Pays-Bas, la Grèce, la Turquie ou encore la Russie (1er Espagne, 2e
Angleterre, 3e Italie, 4e France, 5e Allemagne). Concernant les
performances de l’équipe nationale, cette dernière atteint en décembre
le treizième rang du classement FIFA. Le graphique ci-dessous montre
une progression très forte sur les trois dernières saisons.
Le football roumain se rapproche de sa période dorée, fin des années
80, début des années 90. A l’époque, le Steaua Bucarest remporte la
Coupe des clubs champions 1985-1986, est demi-finaliste en 1988 puis finaliste en 1989. La sélection atteint elle en 1990 son premier
huitième de finale de Coupe du Monde, avant de réussir l’exploit de se
hisser en quart en 1994.
A partir de 1995, le football roumain entre dans une période de
transition qui durera une dizaine d’années. Il s’agit alors de succéder
aux héros vieillissants de la Coupe d’Europe et de la World Cup, à
Hagi, Muntenau, Popescu, Lăcătus, Petrescu, Balint… Hormis un quart de
finale à l’Euro 2000 (comme en 1960 et 1972), le football roumain ne
retrouve des couleurs qu’à partir de la saison 2005-2006, en plaçant
deux clubs en quarts de finale de la Coupe UEFA : le Steaua et le Rapid
Bucarest. Le Steaua rejoint même les demi-finales cette année-là.
L’équipe nationale confirme le nouveau cercle victorieux en se
qualifiant facilement pour l’Euro 2008. La Roumanie termine première de
son groupe et devance les Pays-Bas et la Bulgarie.
A la française
A première vue, en se référant notamment aux différents classements, la
réussite actuelle est comparable à celle de la période 1986-1994.
Pourtant, le football roumain d’aujourd’hui ne gagne pas de titres et
ne compte pas dans ses rangs une individualité tel Gheorghe Hagi. Les
raisons du succès actuel sont autres et préfigurent peut-être d’une
plus grande régularité.
Les quinze joueurs susceptibles d’être titulaires à l’Euro 2008*, des
joueurs que l’on peut considérer comme les meilleurs du foot roumain,
présentent des points de convergence évidents.
Sept jouent - ou ont joué - avec le Dinamo Bucarest, cinq évoluent - ou
ont évolué - avec le Steaua. La plupart a donc des automatismes et une
vision du jeu commune, permettant en club ou en sélection un rendement
plus rapide.
Onze jouent en dehors de leurs frontières et développent une force d’adaptation aux autres football.
Huit évoluent dans un championnat supposé plus fort que le championnat
roumain. Là est la grande évolution par rapport à la génération Hagi.
Les Roumains s’aguerrissent à l’étranger et côtoient ainsi le plus haut
niveau. Les symboles sont Chivu, à l’Inter, Mutu, à la Fiorentina,
Marica, à Stuttgart et Contra, à Getafe.
Six ont disputé cette saison la compétition la plus relevée au monde, la Ligue des Champions.
A l’italienne
En parallèle, le championnat roumain est composé à plus de 80% de
joueurs de nationalité roumaine. Les centres de formation fonctionnent
donc bien et créent un réservoir de joueurs. Le championnat peut paraître
déséquilibré - comme la plupart des grands championnats d’Europe - avec
deux clubs pour trente titres sur les quarante dernières saisons
(Dinamo Bucarest 13, Steaua Bucarest 17). Pour autant, une vraie
lutte existe depuis dix saisons et tire le niveau du championnat vers le
haut. Ainsi, trois clubs différents ont été titrés (Rapid, Dinamo, Steaua), et
le champion n’a conservé son titre qu’à deux reprises, contre six sur
les dix saisons précédentes.
Au grand jour à l’Euro
Cette saison 2007-2008 semble à même de confirmer le renouveau roumain. En dépit
des mauvaises performances des clubs roumains en compétitions
européennes, le redressement global du foot roumain pourrait être
concrétisé et médiatisé lors de l’Euro 2008, grâce à une opposition
forte au premier tour : France, Italie, Pays-Bas.
*
Roumains prétendant à la titularisation à l'Euro :
Gardien : Bogdan Lobont
Défenseurs : Cristian Chivu, Cosmin Contra, Gabriel Tamas, Dorin Goian, Răzvan Raţ, George Ogararu
Milieux : Paul Codrea, Florentin Petre, Bănel Nicoliţă, Laurentiu Rosu
Attaquants : Adrian Mutu, Ciprian Marica, Daniel Niculae, Nicolae Dică
reprendre la lecture du texte
*
Roumanie Roumain renouveau UEFA FIFA Euro
|