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A moi le survêt’ Adidas !

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Par Urbain Mandrillon le lundi 15 octobre 2007
Bénévoles Euro 2008Sans scrupules, et peut-être sans arrière-pensée, l’UEFA s’apprête à enrôler cinq mille bénévoles pour l’Euro 2008. La politique louable du président Platini montre ses limites. Sa vision humaniste du football, celle qui veut agir dans l’intérêt du sport et non de ses cupides acteurs, semble se restreindre au rectangle vert.

« A titre de remerciement, un certificat officiel (…) confirmant votre engagement bénévole. » Quel honneur ! Pour veiller au bon déroulement de l’Euro austro-suisse prévu en juin prochain, l’UEFA aura besoin de cinq mille personnes. Au lieu de prévoir un budget pour leur rémunération ou une pension complète, l’instance préfère en appeler au bénévolat. Loin de remettre en cause l’engagement bénévole lui-même, on peut s’interroger sur son bien-fondé quand il s’exerce au profit d’une telle institution.

A but non lucratif


L’UEFA est une association et réinvestit ses revenus dans le développement du football européen. Ainsi, les 840 M€ de  recettes générés par l’Euro 2004 ont été dépensés en frais pour l’Euro lui-même (189 M€), en frais pour l’UEFA (209 M€), en récompenses pour les participants (128 M€) et en subventions pour les cinquante-deux associations européennes (314 M€). Les recettes de l’Euro ne cessent de croître, passant de 142 M€ en 1996 à 840 M€ en 2004. L’explosion des gains est liée aux revenus des droits de retransmission : 51 M€ en 1996, 553 M€ en 2004 !

A la vue de ces chiffres, comment ne pas dénoncer le recours au bénévolat ? Sans entrer dans le détail, le budget de rémunération minimale légale de ces cinq mille personnes ne dépasserait pas 12,5 M€, soit 1,5 % des recettes de l’Euro 2004. Selon nos prévisions, ce chiffre pourrait représenter moins de 1% des recettes de l’Euro 2008.

Bénévolat sous GRH


Alors que le marché de l’emploi est plus en crise que jamais, que les conditions de travail se dégradent, des grandes organisations comme l’UEFA se permettent de recruter des bénévoles, ouvertement et sans vergogne. Oui, « recruter », car l’institution procède à une sélection exigeante où seront évalués personnalité, motivation, fiabilité et esprit d’équipe. Des compétences professionnelles sont surtout requises pour répondre à des besoins précis en marketing ou en informatique par exemple. Parler l’anglais et la langue d’un des pays participants est aussi indispensable. L’UEFA demande enfin, sans ironie a priori, de « l’enthousiasme à vouloir contribuer au succès de l’Euro ».

Autre point discutable, l’ouverture des candidatures au monde entier. L’Euro reste une aubaine pour les pays hôtes, notamment en matière d’hébergement et de restauration, mais quand cinq mille emplois potentiels sont convertis en bénévolat et au profit de tous, l’intérêt d’organiser l’Euro perd de sa substance.

Et la carotte alors ?


Pourtant les cinq mille bénévoles seront trouvés, et c’est le plus triste. Tristes aussi leurs conditions. Ils devront financer leur hébergement et ne pourront assister à aucun match ! Quelles sont alors les motivations ? L’UEFA vante la gratuité des repas et des transports sur sites et sublime les apports humains de la mission, n’hésitant pas à reprendre le discours d’organismes humanitaires pour lesquels le bénévolat a un sens : « votre plus belle récompense sera constituée par les souvenirs inoubliables, les nouvelles amitiés ». L’UEFA n’oublie pas de flatter l’ego de sa cible en indiquant : « [vous aurez] la fierté d’avoir pu participer au troisième plus grand événement sportif au monde ». Sans second degré, l’instance ajoute : « vous recevrez un équipement Adidas exclusif », et elle précise, toujours sans ironie a priori, « [un équipement] que vous pourrez conserver ».

On imagine déjà le profil des candidats : des fondateurs d’associations comme Le Tuning pour tous, des citoyens engagés qui achètent l’album annuel des Restos du Cœur ou la compilation de Grégory Lemarchal, ou des humanistes qui, de SMS en SMS, libèrent leur chouchou des griffes ignobles de la télé-réalité.



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génération hif hop
Dans leur nouvelle communication plus proche de « la France profonde »*, quelles expressions-clés les Bleus devront-ils réussir à placer ?
*J.-P. Escalettes, président de la FFF, le 12/08/2008
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