Tu la supportes ou tu la quittes |
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Articles glissés Par Urbain Mandrillon le mardi 04 septembre 2007 |
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Avec les chansons des Ogres de Barback, joyeuses ou
touchantes, simples et pertinentes, notre fond d’humanité s’en trouve remué.
Leur morceau 3-0 met le doigt sur notre triste tendance au repli sur nous-mêmes
et à la crainte de la différence. Une certaine passion du football en est
l’illustration.
Combien de Français supportent l’Equipe de France parce qu’elle est simplement « de France », par pur chauvinisme, sans amour du foot, sans attachement à un joueur qu’il « côtoierait » régulièrement dans les médias ou au stade ? Evidemment, chacun a besoin d’assouvir son besoin d’appartenance, chacun est attaché à la culture dans laquelle il a grandi, vécu, mais pourquoi ne pas voir au-delà ? Nous nous devons de garder à l’esprit que céder au chauvinisme est un premier pas vers le nationalisme et le racisme, vers la crainte de l’étranger. La haine et la mauvaise foi à l’égard de l’équipe « adverse » en sont des manifestations criantes. Rester attentif est primordial tant le patriotisme de nos dirigeants politiques et médiatiques est exacerbé et influençant ces temps-ci. Les Ogres de BarbackHeureusement, il y a des artistes pour nous adresser des piqûres de rappel, sans nécessairement se morfondre dans la gravité. Les Ogres de Barback, des « sans-frontiéristes » dans l’âme, en font partie. En témoignent bon nombre de leurs chansons et notamment la ré-interprétation du Salut à Toi des Bérurier Noir, ou encore leur Salut à Vous. Forcément, pour des humanistes de leur trempe, l’ouverture à l’autre est la base de tout. Leurs multiples collaborations artistiques le confirment. Des valeurs, et la chanson pour les porterCe qu’il y a de bien avec la chanson française, la poésie à la Brassens, c’est qu’on ne s’en lasse pas. On reste curieux de découvrir de nouvelles petites histoires explicites. Musicalement, guitares et accordéon ont la part belle chez les Ogres. L’alchimie du tout donne des chansons tendres, poignantes, drôles, dansantes, mais aussi sans compromis, dénonçant la bêtise humaine et s’inscrivant à contre-courant des gens bien-pensants, de ces personnes des hautes sphères qui se veulent « nos » dirigeants. [Pour écouter les Ogres, rendez-vous sur la Radiogre. Une vingtaine de titres est en écoute intégrale. Cliquez sur le titre pour avoir accès à la liste de lecture.] Une démarcheCertains pourront les qualifier de donneurs de leçon, les taxer de démagogie, sauf que les Ogres de Barback sont sincères et vivent les valeurs qu’ils revendiquent. Combien d’artistes se sont retroussés les manches pour monter leur label et prendre leur indépendance ? Très peu. Encore moins l’ont fait en choisissant de distribuer eux-mêmes leurs disques. Aujourd’hui, avec leur propre label, Irfan, ils produisent leurs disques, les distribuent, et distribuent même ceux d’autres artistes. [Pour les découvrir et les écouter, rendez-vous sur cette page www.Irfan.fr et cliquez sur l’onglet jaune avec l’étoile]. La scène Le dernier album des Ogres, Du Simple au Néant, est sorti en avril.
Il est à découvrir sur disque pour en apprécier le travail de production plus
riche qu’à l’habitude, il est aussi à vivre en concert. Les Ogres de Barback
ont construit leur renommée sur leurs tournées, et on le comprend. Leurs
chansons voient leur force décupler quand elles sont partagées telles des
moments de vie, quand la relation artiste-public est plus étroite que jamais. [Pour
leurs prochaines dates, rendez-vous surwww.LesOgres.com ou www.MySpace.com/LesOgresDeBarback ] ecouter 3-0Le titre 3-0, présent sur l'album Terrain vague, parle de football sans en parler. Le chauvinisme s’insinue partout, et les manifestations les plus médiatisées comme le foot (ou la Coupe du Monde de Rugby) le mettent un peu plus en lumière, en font même un motif de rassemblement. Puisque les grands médias appellent à une journée « tous en bleu » pour supporter les rugbymen français, Footao appelle à une journée « tous en noir », et ce n’est pas pour soutenir les All Black. Texte Y’a Paris, la capitale, qui renifle son trou de bals, Intra-muros c’est brillant, dehors c’est pour les paysans. D’ailleurs s’il n’en restait qu’une, ce serait sûr’ment celle-là : Qu’une aussi con que la lune et prétentieuse, comme il se doit. Mais Paris, ça reste en France, les Français restent des Français, Les chevilles en évidence, le nombril insatisfait ! À Rennes où il fait bon vivre, j’y ai vu - pardonnez-moi, Des masses de foules ivres, des seringues plein les bras, Un soir, une chose amusante, sur la route, croyez-moi : La police qui plaisante d’un cadavre sur le toit. Mais Rennes, ça reste en France, les Français restent des Français, Des reins en convalescence, des poumons dans le regret. Puis y’a Bordeaux la bourgeoise avec son grand cru classé Que l’on déguste dans l’extase, dans les grands lieux new-yorkais Qui indique à sa mémoire ce qui est bon, ce qui est mauvais : Si pour Papon, c’est un trou noir, le Girondin c’est un succès. Mais Bordeaux, ça reste en France, les Français restent des Français Des trouillards de gauche en transe ou des cons de droite muets. À Toulouse, la ville rose, peut-être sont-ils un peu chauvins ? Quand ils jacassent pas du rose, ils te parlent des Toulousains, Ils ont un patois bien sûr, qu’ils utilisent parfois, Pour écrire sur les murs d’une usine : « Plus jamais ça ». Mais Toulouse, ça reste en France, les Français restent des Français, Des canards qui l’été dansent sur des rythmes « afro-laid ». Puis il y a Marseille, celle qui a son port si charmant, Sa Méditerranée belle, sa sardine et ses harengs. Comme un tout petit village, un hameau ensoleillé, Qui n’a qu’un désavantage : d’être rempli de Marseillais ! Mais Marseille, ça reste en France, les Français restent des Français, Des grandes gueules à qui l’on pense, quand on veut avoir la paix. Entre le Rhône et la Saône, il y a Lyon et ses reflets. En banlieue, il y a sa zone, ses odeurs et ses rejets. Sa gastronomie connue, qui veut nous faire oublier Pour ne pas être déçus, tous ces scandales financiers. Mais Lyon, ça reste en France, les Français restent des Français. Des bonnes bouffes en concurrence, des non-dits sur le palais. Lorsque j’ai connu Strasbourg pour la toute première fois Je pensais trouver l’amour dans les rues de celle-là Mais il y eut soudain un doute dans cette ville un peu cruche Où l’on me parlait de choucroute, d’Europe et de flamenkuche Mais Strasbourg, ça reste en France, les Français restent des Français L’égalité en « free-lance », l’humanité qui s’essaie. Il y a Lille dans le nord comme il y a le nord en Lille Des grands hommes gras et forts ou des consanguins débiles Les grands projets planétaires qui dépensent sans se soucier À deux pas de la misère des petits enfants minés Mais Lille, ça reste en France, les Français restent des Français Des terrils d’arrogance, l’inégalité au sommet. Après cet air géographe, une petite explication Je ne cherche pas les baffes, je ne cherche pas la baston Mais lorsque je vois au loin qui agitent leurs drapeaux La grande race des chauvins, juste à côté des fachos, Ben, moi qui suis né en France dans un bled incognito Je ne comprends pas la démence, je ne vois pas les idéaux De ceux qui pensent la naissance, comme une attache, un ghetto Pardonnez-moi cette offense et traduisez en ces mots : Issu de la poussière, je m’en retourne à la poussière Issu de la planète terre, je m’y promène sans frontière ! Issu de la poussière, on s’en retourne à la poussière Issu de la planète terre, on s’y promène sans frontière ! Avec l'autorisation du label Irfan Les Ogres de Barback, Terrain vague, 3-0, chauvinisme, nationalisme, racisme, foot, football, supporters, supporter, Equipe de France, chauvin, chauvins |
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| *J.-P. Escalettes, président de la FFF, le 12/08/2008 |
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